Faire ses travaux soi-même ne signifie pas nécessairement se lancer seul. Avec l’auto-rénovation accompagnée (ARA), le particulier réalise une partie de ses travaux tout en bénéficiant de l’expérience et de l’appui d’un professionnel. Une manière de travailler qui change le rythme habituel des chantiers dit « classiques », comme l’explique Guillaume Grawez, d’Ecowez.
Un autre rythme de chantier
Pour un professionnel habitué aux rénovations classiques, il est vrai que l’ARA nécessite d’abord de changer de rythme. « Avec une équipe d’ouvriers, nous avons nos automatismes, nos habitudes, on déroule », explique Guillaume. Avec un particulier, le fonctionnement est différent : « On est dans la transmission de savoir, l’échange ».
Le chantier n’est donc plus uniquement un lien où l’on vient exécuter des travaux. Il devient aussi un espace d’apprentissage pour le particulier. Le professionnel doit expliquer, montrer, observer et laisser progressivement le particulier prendre ses marques.
Pour autant, l’ARA ne signifie pas que la préparation du chantier est improvisée : « C’est assez identique qu’en mission d’entreprise : prise de mesures, commandes, préparation logistique, transports… ». La rigueur reste de mise en amont avec une organisation comparable à celle d’un chantier classique. Le parcours commence généralement par une prise de contact, suivie d’une visite des lieux (c’est d’ailleurs de cette manière qu’ont fonctionnés les projets pilotes de PRO&MOI). Si le client manifeste alors son intérêt pour l’auto-rénovation accompagnée, celle-ci peut être proposée dans le devis. Viennent ensuite la signature, l’organisation et la logistique, puis la mise en œuvre avec un suivi et un soutien régulier tout au long du chantier.
Tout le monde n’est pas forcément fait pour l’ARA
L’un des rôles du professionnel consiste aussi à déterminer si cette manière de travailler est adaptée au client mais aussi au projet.
Chez Ecowez, Guillaume explique fonctionner « au feeling ». Il discute avec le particulier, l’observe, cherche à comprendre ses aptitudes. C’est de cette manière qu’il détermine si l’ARA est adéquate, ou non. Une étape indispensable, car l’objectif n’est évidemment pas de pousser systématiquement le particulier à faire lui-même ses travaux. L’accompagnement doit correspondre à son projet comme à ses capacités.
Un professionnel qui accompagne, conseille et rassure
Sur le chantier, Guillaume Grawez résume son rôle en quelques verbes : « Accompagner, conseiller, montrer, contrôler, rassurer… » Une présence qui évolue toutefois au fil des travaux. Le professionnel parle ainsi d’un « rôle biodégradable » : « Au début très utile, et puis, au fil du temps, de moins en moins. J’essaie de donner la confiance aux clients pour qu’ils réalisent un maximum eux-mêmes. »
Cette montée en autonomie suppose aussi d’accepter les erreurs. Pour Guillaume Grawez, l’essentiel est de pouvoir les identifier et les corriger dans un climat de confiance. « Les erreurs : on rectifie. C’est pour ça que c’est important d’instaurer un climat de confiance et de collaboration. » Le client doit pouvoir faire part de ses difficultés, mais aussi reconnaître une erreur, afin que le professionnel puisse l’aider à comprendre ce qui s’est passé et à la corriger.
Et cette confiance semble s’installer rapidement. « Très rapidement le client prend confiance en lui et en moi. C’est vraiment chouette à voir », constate le patron d’Ecowez.
Parfois, la progression se mesure d’ailleurs à un détail tout simple : le professionnel n’a plus besoin d’intervenir. Guillaume Grawez se souvient ainsi de clients qui, en travaillant, ont eux-mêmes identifié une erreur et l’ont rectifiée avant même qu’il n’intervienne.
C’est probablement l’une des meilleures illustrations de l’esprit de l’auto-rénovation accompagnée. Au fil du chantier, le particulier ne se contente plus d’exécuter les gestes qui lui ont été montrés : il apprend à observer, à comprendre et à contrôler son propre travail. Le professionnel transmet progressivement les clés qui lui permettent de gagner en autonomie.
La réussite ne se mesure pas uniquement au résultat
Pour Guillaume Grawez, un chantier d’ARA réussi ne se résume pas à un ouvrage correctement réalisé. Le respect des délais reste un critère important, mais d’autres indicateurs entrent en ligne de compte : la satisfaction du client vis-à-vis de ses propres réalisations et sa capacité à envisager la suite.
« Quand le client envisage déjà la suite et qu’il se sent capable d’entamer d’autres phases de chantier, seul », c’est notamment le signe que l’accompagnement a porté ses fruits.
Le professionnel a alors rempli son rôle sans avoir vocation à rester indispensable jusqu’au bout. Il a transmis, accompagné et sécurisé les premiers pas, avant de laisser progressivement le particulier prendre son autonomie.
Une philosophie que Guillaume Grawez résume finalement avec une phrase simple : « On n’est rarement déçu de ce qu’on fait soi-même. »